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Moins de deux semaines après la signature d’un accord de paix historique à Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, les tensions reprennent dans l’est du Congo. Le mouvement armé AFC/M23 accuse Kinshasa de compromettre les efforts diplomatiques en procédant à un déploiement massif de troupes dans la région.

Dans un communiqué publié samedi, Laurence Kanyuka, porte-parole politique du mouvement, dénonce ce qu’il décrit comme une « provocation militaire » de grande envergure. Selon lui, les forces armées congolaises, appuyées par des éléments burundais, auraient braqué leurs armes lourdes vers des zones fortement peuplées, qualifiant cet acte « d’irresponsable » et allant jusqu’à évoquer un risque de crime contre l’humanité.

Un climat de défiance persistant

L’AFC/M23, qui affirme rester engagé dans une résolution politique du conflit, accuse le gouvernement congolais de ne pas tenir ses engagements, notamment en ce qui concerne les mesures de confiance promises dans le cadre du dialogue en cours à Doha, sous médiation du Qatar. « Cette duplicité est inadmissible », écrit le mouvement, qui se dit prêt à défendre ses positions face à ce qu’il qualifie « d’agression militaire criminelle ».

Le groupe armé demande à ce que les négociations abordent les causes profondes du conflit en RDC, mettant en cause l’approche actuelle de Kinshasa qu’il juge purement sécuritaire.

Des engagements fragilisés sur le terrain

Signé le 27 juin 2025 à Washington sous l’égide des États-Unis, l’accord de paix entre Kinshasa et Kigali prévoit l’arrêt des hostilités, la fin du soutien aux groupes armés non étatiques, le respect mutuel de la souveraineté et la mise en œuvre d’un plan conjoint de désengagement et de neutralisation des FDLR. Un mécanisme de coordination sécuritaire (JSCM) devait en assurer le suivi.

Mais sur le terrain, les signaux sont préoccupants. En plus des mouvements de troupes dénoncés par le M23, les FARDC ont signalé récemment la présence d’un aéronef non identifié ayant survolé illégalement le territoire congolais, ravivant les soupçons et la méfiance dans une région toujours marquée par l’instabilité.

Stella S.

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